Bénin: Après la rencontre d’échanges avec Orounla, Habib Ahandéssi réaffirme son opposition à Talon (Interview)

«Quant à l'opinion publique qui pense depuis hier que je suis désormais de la mouvance, ce sont des supputations et des imaginations.», rassure Habib Ahandéssi
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Alain Orounla, Ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement a eu une rencontre d’échanges avec les étudiants, à l’Université d’Abomey-Calavi dans le cadre de l’initiative « Le Gouvernement au campus ». Au cours des échanges, il a salué l’engagement de Habib Ahandéssi, leader du monde estudiantin et membre de l’Union Sociale Libérale (USL), parti de l’opposition, pour reconnaître la diversité des opinions. Dès lors, l’opinion publique, pour l’avoir vu répondre à l’appel du Porte-parole du gouvernement, l’accuserait d’avoir rejoint la mouvance. Dans un entretien accordé à Africaxó, Habib Ahandéssi est revenu sur les faits.

 

 

À l’occasion de la rencontre d’échanges, vendredi 13 mars dernier, à l’UAC, entre vos camarades étudiants et  Alain Orounla, le Porte-parole du gouvernement, vous avez dénoncé un certain nombre d’irrégularités et exprimé des doléances dans votre intervention. Qu’avez-vous retenu de ces échanges?

Il est vrai, le Ministre de la communication et de la poste et porte parole du gouvernement était au campus hier pour discuter avec les camarades étudiants sur les réformes opérées dans le secteur de l’éducation en l’occurrence l’enseignement supérieur . Le ministre a fait le point de quelques réformes opérées pour, selon lui, le bien-être des étudiants. Alors voici ce qu’on peut retenir de cette séance d’échange. En premier lieu, le ministre a évoqué plusieurs points dont voici les plus cruciaux. Il s’agit de la création du Conseil National d’Education (CNE) qui va désormais prendre en charge toutes les questions et les problèmes universitaires. De la subvention que le gouvernement a promis apporter désormais, aux organisations les plus représentatives à l’Université. Il a ensuite fait cas des amphithéâtres et des infrastructures adéquates, inscrits dans le PAG et annoncés pour être réalisés dans les prochaines années. Le ministre a parlé aussi des réformes liées aux allocations universitaires, mais a reconnu qu’il y a beaucoup d’autres difficultés. Ainsi que du renforcement des prestation du Cous-ac (Résidence, transport, restauration). En résumé, je puis dire que ce sont des annonces, des projets en cours pour le bien-être des étudiants. Alors, nous on a pas manqué de lui posé beaucoup d’autres questions parce que depuis 2016 à nos jours le tableau au niveau des étudiants est sombre. À cet effet, nous avons donné quelques actes posés par le gouvernement et qui désavantagent les étudiants en notre sens.
Je mets à votre disposition les questions que je lui ai posé qui sont centrées sur le point des réalisations du gouvernement de la Rupture en pour les étudiants depuis avril 2016.

Habib Ahandéssi et Alain Orounla, à la rencontre d’échanges à l’UAC. Photo. Pr Bénin

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Selon vous, les étudiants ont-ils été satisfaits de cette séance d’échanges avec le ministre de la communication du gouvernement?

 

Nous pensons que le tableau est sombre. Parce que nous avons fait l’amère constat selon lequel, le gouvernement n’a même pas construit un seul amphithéâtre, des problèmes au niveau des facultés, l’inaccessibilité des résidences universitaires, faute de dégradation et cætera. Questions auxquelles le ministre a essayé d’apporter des réponses. Il faut retenir que dans l’ensemble, les étudiants n’ont pas été totalement satisfaits. Ils ont été partiellement satisfaits et plongés dans l’espoir que les revendications qu’ils ont eu à soulever devant le ministre ne sont pas tombées dans les oreilles de sourd.  Le ministre a déclaré que le gouvernement n’était pas au parfum de certaines réalités que les étudiants ont évoquées ce jour-là exemple.

 

S’il est vrai que vous avez saisi l’occasion pour demander «les réalisations concrètes du gouvernement pour les étudiants depuis 2016», le constat selon lequel le ministre a salué la conviction qui vous anime dans votre combat au point de subir une privation de libertés a fait réagir plusieurs internautes sur la toile. Connaissant votre obédience politique, l’opinion publique se demande si elle doit continuer à vous savoir de l’opposition ou se rendre à l’évidence que vous avez déjà un pied dans la mouvance?

Merci beaucoup, en effet, c’est vrai à cette occasion, le Ministre Alain Orounla m’a appelé au podium pour féliciter mon engagement et montrer que le gouvernement a du respect pour le choix de tout un chacun de nous. Et qu’il pense au bien-être des étudiants et non son contraire. Je notifie le fait qu’en prélude à son appel j’avais déjà pris la parole pour exposer les problèmes majeurs des étudiants en ordre chronologique depuis avril 2016. À la suite de mes propos, l’ovation des camarades étudiants a verrouillé la forteresse de leur approbation. Le ministre n’a pas manqué de m’appeler pour me féliciter et parler des difficultés que j’ai rencontrées dans la lutte que je mène depuis quelques années. Déjà au soir du jour même l’Ortb et quelques autres organes de presse, renforcés par les vues de la séance, ainsi que l’opinion publique se demandent si j’étais désormais de la mouvance, mais il n’en est rien. Je tiens donc à souligner à l’opinion publique que je suis toujours un jeune de l’opposition et je demeure membre du parti politique de l’opposition USL. Je n’ai jamais démissionné et je n’ai jamais rejoins le pouvoir. Je réclame une meilleure gouvernance dans notre cher pays le Bénin. D’autant par ailleurs que lorsqu’il s’agit des questions de développement, il n’y a pas de position partisane qui compte. Car l’opposition veut également le mieux-être du peuple. De même quand elle n’est pas ce qu’il faut il est du devoir de l’opposition de dénoncer ce que nous faisons depuis quelques années. Quand au geste du ministre de communication je l’ai apprécié. La presse et l’opinion publique peuvent prendre cela pour un acte de communication politique mais je prends ça pour un acte d’humilité. Il a reconnu mon leadership. Quant à l’opinion publique qui pense que je suis de la mouvance, ce sont des supputations et des imaginations.

Sachez que moi Habib Ahandéssi je n’ai jamais rejoint le pouvoir, mais quand c’est bon je le dis. De même quand les libertés fondamentales sont piétinées, je combats avec la dernière rigueur.

Interview: Loan Tamin

Transcription: Emmanuel Houssou

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