Bénin: Gain de cause pour Ladislas Prosper AGBESSI contre L’État béninois ?

Le Ministre de la Justice béninoise devant la CPI
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Par Christophe A.

Le garde des sceaux béninois Me Séverin Maxime QUENUM vu dans les coulisses de la Haye ce mardi 28 janvier 2020. Ce voyage pourrait faire suite à l’action intentée contre l’Etat béninois pour les législatives d’avril 2019.

Après avoir saisi la Cour Pénale Internationale 30 avril 2019 la CPI à l’effet d’enquêter sur les actes répressifs d’une rare violence qui auront émaillé le processus électoral non inclusif (législatives 2019), Ladislas Prosper AGBESSI a plongé dans un long moment de silence. Mais d’autres événements l’ont sorti de son silence. Ce mardi 28 janvier 2020, un voyage discret du ministre de la justice Séverin Maxime QUENUM à la Haye pourrait en être un signe annonciateur de ce que la CPI n’est pas restée sourde oreille à la requête du candidat malheureux aux élections présidentielles de 2016 au Bénin.

En effet, via  les réseaux sociaux, le président du Gouvernement des jeunes ( une organisation non étatique), Constantin AMOUSSOU a donné un message. Il a fait savoir que la plainte de Ladislas Prospère AGBESSI serait à l’origine du déplacement du Ministre Séverin Maxime QUENUM, ce mardi 28 janvier 2020 , devant BENSOUDA, la Procureure générale de la CPI à la Haye.

Trouvez ci-dessous, l’intégralité du message de Constantin Amoussou sur la question.

«CPI: LA PLAINTE DE AGBESSI, LE DÉPLACEMENT DE QUENUM»

Après quelques sorties tonitruantes qui auront fait couler encre et salive, M. Ladislas Prosper AGBESSI paraissait avoir pris le pari de faire profil bas; et peut-être, de tisser désormais dans le secret méthodique du silence, les contours de son combat.

On a eu, à l’occasion, le loisir de le tourner en dérision, et le temps faisant son job, de fouler dans la sombre mémoire de l’oubli, l’acte historique qu’il aura posé, saisissant le 30 avril 2019 la CPI, à l’effet d’enquêter sur les actes répressifs d’une rare violence qui auront émaillé le processus électoral non inclusif (législatives 2019), déclenché émoi et émotion, et auront, subséquemment, désarmé et tétanisé un grand nombre de nos compatriotes.

À la Haye ce mardi 28 janvier, M.Séverin Maxime QUENUM tente d’arborer un sourire décomplexé; comme si le passage devant le Président et la Procureur de cette juridiction transnationale ( ou plutôt ‘la visite »_c’est plus châtié ainsi) pouvait n’être qu’un fait anodin et une action diplomatique quelconque.

Pour l’heure du moins, peu d’informations auront filtré sur les motifs de cette visite.

En répondant le 06 mai 2019 à la requête de M. Agbessi, la Cour Pénale Internationale avait soulevé, dans l’opinion, l’espérance qu’une enquête soit effectivement ouverte et les auteurs, commanditaires et complices de ces ignobles actes de répression sauvage et disproportionnée ayant occasionné des morts soient poursuivis.

Il y a peu, plusieurs médias ont annoncé le passage discret d’une mission d’investigation de la CPI dans notre pays.

Une information difficile à vérifier.

Mais la discrétion observée à Cotonou autour de ce déplacement sur la Haye entretient moult suspicions et peut-être_le temps nous édifiera_Bensouda pourrait-elle bien être banalement déjà en train de mettre la pression sur Cotonou et de conduire, étape par étape, une procédure dont les développements apparaîtront au grand jour, quand l’enquête aura mûri et qu’à la barre, victimes, proches de victimes et bourreaux se confronteront dans l’intérêt de la vérité, de la fraternité et de la justice que notre pays offre comme promesse fondatrice à chacun des onze millions de ses enfants.

Rappelons-le, le Bénin a ratifié le statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale depuis janvier 2002, et il y a six (06) ans, sous l’impulsion du défunt régime et l’autorité du ministre Valentin Djènontin, notre pays avait accueilli un séminaire de la CPI à l’effet de formuler les contours d’une meilleure disposition des États africains, le nôtre en tête, à collaborer aux fins de livrer à ce tribunal compétent, entre autres, pour les crimes contre l’humanité, les auteurs d’infractions commises à l’occasion des conflits politiques; qu’il s’agisse de crimes contre l’humanité, de génocides ou de crimes de guerre.

En assimilant dans les médias, les soulèvements de Tchaourou, Savè, et de Cadjehoun à des actes d’insurrection armée que les Forces de Défense et de Sécurité auront légitimement réprimés, les Communicants du Pouvoir qui ont cru légitimer la riposte clairement disproportionnée endossée par le pouvoir de Cotonou, ignorent probablement qu’ils auront ainsi contribué à fonder la classification des événements post-électoraux dans les catégories de situations qui relèvent de la compétence de la CPI.

Constantin AMOUSSOU

 

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