Bénin: l’opposition crée une nouvelle coalition contre la gouvernance de Talon

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Au Bénin, plusieurs partis et rassemblements politiques de l’opposition ont procédé mercredi 13 janvier, à la création d’une nouvelle coalition. Dénommée « Front pour la restauration de la démocratie collective », le présent creuset entend restaurer la démocratie et l’Etat de droit.

 

L’opposition béninoise se ligue davantage contre la gouvernance de Patrice Talon. Ce mercredi 13 janvier, quatre regroupements politiques ont en effet, signé une convention collective qui donne naissance à la coalition « Front pour la restauration de la démocratie collective ». Il s’agit de, Eric Houndété (Les Démocrates), Valentin Aditi-Houdé (DUD), Antoine Guédou (GSR) et Frédéric Joël Aïvo. Selon la déclaration de la convention, l’objectif de la création de cette coalition est de restaurer la démocratie et l’État de droit. Lire l’intégralité de la déclaration.

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Béninoises et Béninois,

Chers compatriotes,

Depuis la Conférence des Forces Vives de février 1990, notre pays le Bénin, est reconnu sur la scène internationale comme le berceau du renouveau démocratique africain. En effet, cette conférence historique a révélé, aux yeux du monde, le génie de notre peuple de pouvoir trouver des solutions endogènes à ses problèmes. Elle a aussi montré sa capacité à se relever des situations les plus désespérées et à répondre à l’appel de son hymne national : ‘Enfant du Bénin debout’.

 

Pendant vingt-six ans (février 1990 à mars 2016), le Bénin a tenu son rang de pionnier et de modèle en matière de démocratie en Afrique après l’effondrement du mur de Berlin. Le système démocratique béninois fondé sur la Constitution du 11 décembre 1990, adopté par référendum du 2 décembre 1990 à une majorité écrasante par le peuple, a donné naissance à des institutions dont le fonctionnement exemplaire a contribué à l’enracinement de la démocratie dans notre pays, à sa consolidation et à l’instauration d’un climat politique et social apaisé.

 

Grâce au respect du principe de la séparation des pouvoirs, les institutions de contre-pouvoir ont pu jouer pleinement leur rôle et favoriser l’émergence d’un système démocratique respectueux des textes qui le régissent au plan interne et de ses engagements internationaux. L’organisation d’élections constitutionnelles à bonne date, l’alternance régulière au sommet de l’Etat, le respect des droits de l’homme et des peuples, la jouissance des libertés fondamentales, la préservation des acquis sociaux, la garantie des droits des travailleurs, etc.

Tels sont, quelques traits caractéristiques du système démocratique béninois hérité de la Conférence Nationale de février 1990 salué et admiré à travers le monde.

 

Mais, depuis l’accession du Président Patrice Talon au pouvoir le 06 avril 2016, la démocratie béninoise a connu un grand coup d’arrêt. En effet, sous le prétexte de réformes institutionnelles et politiques, le Président Patrice Talon a détruit, en moins de deux (02) ans après son arrivée au pouvoir, l’édifice démocratique hérité de la Conférence nationale de février 1990 que ses prédécesseurs successifs ont précieusement, entretenu et consolidé.

 

Aujourd’hui, le peuple béninois souffre de ce recul démocratique et s’organise pour la restauration de la démocratie et de l’Etat de droit.

Béninoises et Béninois,

Chers compatriotes,

 

Le Président Patrice TALON, depuis son accession au pouvoir, a entrepris la démolition du principe du consensus comme mode de gouvernance politique au Bénin. De 2016 à ce jour, son mandat a été marqué par des dysfonctionnements d’ordre institutionnel et juridique (adoption de plusieurs lois liberticides, la remise en cause de l’état de droit, l’organisation d’élections non inclusives, la révision opportuniste et non consensuelle de la constitution du 11 décembre 1990, le non-respect des droits et libertés, le refus d’exécution des décisions des juridictions nationales et internationales, la contrainte à l’exil de plusieurs citoyens béninois, etc.).

 

C’est dans ces conditions que l’Assemblée Nationale, issue des élections législatives non inclusives d’avril 2019, a modifié, dans le dos du peuple souverain et en l’absence de tout débat public les règles du jeu électoral.

Un système de parrainage rejeté par l’immense majorité du peuple béninois a été ainsi institué par la loi n° 2019-40 du 7 novembre 2019 modifiant la constitution du 11 décembre 1990 et entériné par la loi 2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral. Le verrouillage de la vie politique amorcé par l’adoption de cette série de lois a été aggravé par l’installation d’un Conseil d’Orientation et de Supervision (COS) composé des seuls représentants de la majorité présidentielle.

 

Depuis lors, c’est à ce conseil, dont l’opposition est exclue, qu’incombe, en violation flagrante des usages consacrés en la matière pour garantir la transparence des élections, la charge de l’apurement et de l’actualisation de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI).

Malgré ces dysfonctionnements graves et les atteintes manifestes à la transparence du processus électorale, les alertes données par des partis et personnalités politiques de l’opposition ainsi que les organisations de la société civile ne semblent recevoir aucun écho favorable de la part du gouvernement.

 

Béninoises et Béninois,

Chers compatriotes,

Face au défi démocratique et à l’urgence d’une alternance au sommet de l’Etat, les partis, mouvements et personnalités politiques, opposés à la gouvernance du Président TALON ont décidé de la signature d’une convention pour mettre en place la plate-forme dénommée Front pour la Restauration de la Démocratie (FRD).

 

Les membres signataires de la présente déclaration s’engagent à unir leur force, pour provoquer dès 2021, l’alternance au sommet de l’Etat et restaurer les acquis démocratiques de notre pays.

 

A cette fin, le Collectif de l’Opposition exige :

–  L’application immédiate des Arrêts de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples demandant le maintien de la Constitution du 11 Décembre 1990.

– L’organisation d’un dialogue inclusif de tous les acteurs de la vie politique aux fins de déterminer de façon consensuelle les modalités d’une élection pacifique et démocratique.

 

– L’abrogation de toutes les lois liberticides votées au parlement pendant le mandat du Président Patrice Talon notamment la loi n° 2019-40 du 7 novembre 2019 modifiant la constitution du 11 décembre 1990, la loi 2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral instituant le parrainage et la loi règlementant les droits de grève.

 

– Le respect des droits et libertés fondamentaux garantis par la Constitution et par les conventions internationales.

– Le retour de tous les citoyens béninois contraints à l’exil.

– La libération des prisonniers politiques.

– L’audit de la Liste Electorale Permanente Informatisée de manière consensuelle,

– La restitution et la garantie, aux travailleurs, de leurs acquis sociaux.

 

Enfin, les signataires de cette convention exigent le respect strict, par le Président Patrice TALON, de la durée de son mandat constitutionnel qui court du 06 avril 2016 à 00 heure au 05 avril 2021 à minuit conformément au serment qu’il a prêté devant le peuple béninois.

 

Le Front pour la Restauration de la Démocratie lance un appel vibrant au peuple béninois à rester mobilisé et prêt à reprendre le cours de son destin.

Vive la Démocratie !

Vive le Bénin !

 

4 comments

  1. Gilles GOHY 13 janvier, 2021 at 17:49 Répondre

    Quel délire !
    Les mêmes refrains surannés qui muent désormais en soliloques grotesques!
    Que de vomissures!
    Quelle opposition en manque d’inspiration pour quel peuple !
    Ce n’est pas le fier peuple béninois lucide, en tout cas !
    Au lieu de réfléchir correctement pour s’affranchir de leurs erreurs du passé en contribuant à l’épiphanie du Bénin, ils répandent des borborygmes et geignent encore comme des bébés gâtés qu’ils sont, en définitive!
    Des briscards politicards de peu de sagesse et bourrés d’amalgames…
    Dites-moi !
    C’est quoi « démocratie collective »?
    Quelle démocratie veut-on « restaurer » au Bénin ? La « démocratie Nescafé » faite de vols, de concussions, de détournements de deniers et d’éléphants blancs partout, dénoncée même par leur mentor dans un moment de rare lucidité ?
    Un peu de sérieux, voyons!
    Plus rien ne sera comme avant au Bénin !
    Que ça soit écrit !

    • Métropole silencieux 13 janvier, 2021 at 20:37 Répondre

      Vraiment monsieur Gilles GIHY vous n’êtes pas un fils digne de notre démocratie. Vous ne pouvez pas en aucun cas tenir des propos pareils. Comment autorités a une seule personne d’accaparer ce qui appartient à tout un peuple ? Ou bien c’est votre oncle maternel que vous le surporter sans agument ? C’est depuis son accessoires au pouvoir que le Bénin a connu tout les bêtises dans la vie politique. Nous avons aujourd’hui un parlement monocolore, aux niveaux communal pareil et tout ceci avec ses lois. Mais voulez vous dire que cela arrange le pays ? Non !et non ! Nous n’accepterons jamais et pour cela nous sommes prêts à perdu beaucoup de sang que 2019 même prêt pour livrer notre vie. TALON dois écouter sont peuple cas c’est nous qui l’avons choisi et il doit nous écouter!!!! point final.

  2. Mehouede Adjovi 13 janvier, 2021 at 18:28 Répondre

    L’urgence du Bénin c’est de chercher les voies de mieux avancer collectivement et non de sauver chacun sa bouche son ventre et sa poche. En cela ce pays les surprendra encore une fois car nous ne les laisserons pas faire.

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