Editorial: Après 60 d’indépendance des colonies françaises, l’Afrique a t-elle refusé le développement?

L'Editorial de Barnabé Kouelo sur l'indépendance des pays africains.
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©Editorial, Africaxó

Par Barnabé KOUELO, Essayiste, Auteur de l’ouvrage : «L’Afrique & l’Africain ; À quand l’Afrique aux Africains?» ; Educpreneur.

 

Après plusieurs années de domination, d’asservissement, de barbarie, d’atrocités, d’assujettissement orchestrés par le colonisateur, certains leaders pour ne pas dire, intellectuels des pays ayant subi ces nombreuses années de déchirement ont pris la décision, le risque de donner la liberté à leur peuple. Ils ont décidé de mettre fin à ce système de colonisation. Ce qui a coûté la vie à nombreux d’entre eux au travers des guerres fratricides suscitées et subtilement orchestrées par le maître. Grâce à leur détermination, engagement, ténacité, leur persévérance,  l’indépendance nous a été accordée ou octroyée au-début des années 1960.

Après 60 ans, qu’avons-nous comme bilan d’indépendance ?

La réponse ou le bilan est pathétique et triste. Car lorsqu’on jette un regard objectif, sincère et critique sur les données disponibles après toutes ses années où nous sommes considérés comme des nations libres et indépendantes, on se rend compte que nous vivons encore au 18è siècle alors que nous sommes bien évidemment au 21è siècle. On se rend compte que nous sommes encore loin de la réalité dans la lutte  vers le développement; le vrai et l’authentique.

Barnabé KOUELO, Essayiste, Auteur de l’ouvrage: «L’Afrique & l’Africain ; À quand l’Afrique aux Africains?» ; Educpreneur.

Que peut-on dire dans un contexte où après 60 ans d’indépendance nous :

  • n’avons pas un système éducatif purement et typiquement africain qui répond à nos aspirations, nos enjeux, nos défis, besoins, réalités et notre contexte ?
  • n’avons pas notre souveraineté monétaire où nous continuons de manger cette maudite monnaie le FCFA ?
  •  sommes des pays ayant un PIB à un seul chiffre ?
  •  n’avons pas notre propre armée pour pouvoir nous défendre ?
  •  n’avons pas notre propre langue pour pouvoir nous affirmer ?
  •  sommes sans un soins de santé et  hôpitaux digne du nom pouvant soigner valablement nos citoyens ?
  • avons plus de 70% de nos diplômés qui sont à la maison après plusieurs millions d’investissement ? ;
  • n’avons pas un vrai projet de développement structuré sur 20 à 50 ans ?
  • sommes loin de trouver une solution à la corruption ? ;
  • avons pour la plus part des hommes politiques sans idéologie, vision, projet de société innovant ? ;
  • vivons une terrible contradiction entre les gouvernants et les populations ? ;
  • sommes sans institutions capables de servir les intérêts du peuple au détriment de ceux d’un groupe ( les dirigeants) ? ;
  • continuons d’avoir une opposition non-constructive, sans réelles ambitions, visions et projet de société ? ;
  • sommes sans réelles perspectives d’avenir ? ;
  • sommes sans des industries de transformation ? ;
  • sommes incapables d’investir sans nous mettre dans ce cercle vicieux de dettes ?
  • sommes  sans aucun lycée digne du nom ? ;
  • sommes encore sous la surveillance du colonisateur ? ;
  • sommes loin de trouver une solution à l’autosuffisance  alimentaire ? ; À quand finirons-nous d’être un enfant au biberon ?

Je pourrai continuer  sans m’arrêter dans les questions puisque c’est 60 années perdues par nos États.

La politique de l’autruche nous empêche de reconnaître que pendant 60 ans nous nous sommes amusés. Nous nous sommes tout simplement égarés dans des guerres d’intérêts, de leadership, de «c’est moi qui ai raison».

Nous devons nous poser les bonnes questions pour notre bonheur.

  • N’avons-nous pas connus de vrais hommes politique, de vrais leaders, ambitieux, intellectuel au sens réel du mot ?
  • Ne faisons-nous pas fonctionner nos têtes ?
  • La faute incombe toujours à nos gouvernants, nos dirigeants ?
  • Le citoyen joue t-il son rôle dans le processus de développement ?
  • Devons nous toujours rendre les autres responsables de notre situation de vie?
  • Quelles sont nos responsabilités dans ses 60 ans perdues ?
  • Que devons-nous faire pour que les données changent ?

Au lieu d’investir plusieurs millions pour célébrer «indépendance», organisons plutôt une assise dans chacune de nos nations, entre toutes les forces vives pour un bilan individuel. Cela nous permettrait de poser le diagnostic franc et objectif de toutes ses années d’errance et de trouver la thérapie adaptée au développement de notre continent.

 

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